mardi 18 juin 2013

Susanowo

Il gronde, il gronde cet orage
Dont la douleur éclate au ciel,
Hurlant au terrible outrage :
Où donc est son Éternelle ?

L'averse tombe drue, oblique,
Sur les fragiles lavatères.
Dieu Susanowo mélancolique
Charge les cieux de prières.

Il va grondant, grondant !
Sur les toits du monde, langueur
Après suppliques, de nuage blanc
En masse grise, noire, il pleure...

Il est un amant voué à l'errance
Maudit d'attendre les éclipses
De la saison des Délivrances.
L'élue se nomme Apocalypse.

Elle est d'eau et de feu mêlée,
Sang d'étoiles, fille d'Univers
Une telle insoutenable beauté
Que l'imaginer est un calvaire.

Alors il gronde, cet éprit dieu
Sur les landes et les fleuves ;
Pressant son coeur pluvieux.
- Ma plume assoiffée s'y abreuve... -

Susanowo s'éloigne, gémissant,
Traînant ailleurs son pesant chagrin.
Dans l'air, il flotte un tourment.
J'inspire. Un éclair illumine le lointain.

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