jeudi 12 septembre 2013

Cumulonimbus

Il pleure comme il pleut, le nuage. 
Gros mouton gris semblant paître
Dans un brumeux pré de salpêtre,
Ruminant le tonnerre et l'orage. 

Cette pluie ce sont des pleurs 
Qui tombent, tombent sur moi
L'écorchée qui, mois après mois
Expose veines, nerfs et coeur. 

Ces larmes sont les tiennes.
Vapeur d'océan chargée de sel,
Douceur imprégnée de ciel.
J'ai tant prié qu'enfin tu reviennes...

Alors j'ai vendu ma peau au regret,
Mes organes à la roue du temps
Tellement tant et pourtant !
L'engrenage broie et tue sans arrêt. 

Je t'accueille ô pluie sur ma douleur
Comme l'alcool sur la blessure.
Il faut achever et offrir ta brûlure
A ces jours perdus qui se meurent.

Ou bien noie ce que je suis 
Dans un déluge de baisers !
Je veux mourir l'âme trempée
En extase, dans un dernier cri. 

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