samedi 13 janvier 2018

​Mauve d'encre

T​u sais, je n'écris plus en mauve d'encre.
Cette couleur s'est assombri quand tu es parti.
D'abord violette puis prune, cette encre...
Cette encre qui est ton de jeunesse a vieilli.

C'est mon coeur aussi sans doute qui a pâli,
Un peu comme une toile exposée au soleil,
Moi exposée à ton bonheur, j'ai pâli...
Palliant le manque par le noir et non le vermeil.

Cette couleur me plaisait pourtant bien,
- Un peu comme écrire avec son propre sang -
Mais il n'en restait plus une goutte, plus rien.
Exsangue étais-je, te dis-je, bon sang !

J'ai voulu dépasser le noir, écrire à l'encre invisible,
Comme pour chuchoter aux pages du carnet,
- Un secret bien gardé - pour n'être plus visible,
Disparaître, me fondre dans la fibre ou le signet.

Mais j'ai opté pour le noir, en guise de deuil,
Et j'ai écrit cent poèmes en ombres et lumière !
J'ai loué les anges, les dieux, les mortes feuilles,
En prenant soin de t'éviter, craignant la lumière.

Insensible et parfaitement ancrée dans l'oubli,
J'ai par mégarde pensé à toi. Une bougie coulait...
Elle était noire comme ton fard, comme la nuit.
Je me suis simplement dit : "Cela lui plairait.".

Alors le mauve m'a serré dans ses rubans,
Le crépuscule et la valse chantaient sur la falaise.
Le crâne prit dans l'étau des parfums d'antan,
Je voyais le sable, la brune, l'anneau et la falaise.

Puis le vide avalant la mélancolie - ou le spleen -
Ne restèrent de ces images qu'un bris de miroir.
Ce fut, je le sus, un désir de violet ou de violine,
Sinon de lilas, de glycine. Pour conjurer le noir.

2 commentaires:

  1. coucou lucy,
    tes nouveaux poémes sont superbes.. prends soin de toi .A

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